vendredi 24 septembre 2010

Le plan de mobilité durable n’en est pas un : Ce plan divise la ville en deux mondes. Devons-nous penser à revenir à deux villes ?

J’ai assisté à deux séances d’information du comité de la mobilité durable et constaté que ce n’est qu’un suivi au plan de développement stratégique du RTC 2005-2014 et qui par conséquent ne sera en application qu’en 2015.

Même si on l’a assorti du fameux tramway qui sert de moteur à la densification urbaine et à rapetisser l’accueil routier des principaux axes, c’est un plan stratégique de développement du RTC. On privilégie le vélo, le transport en commun (du RTC seulement ) et la marche et on élimine des cases de stationnement sans en ajouter. Comment peut-on parler d’une ville accueillante ?

Dans les parties périphériques de l’est et du nord on a complètement oublié leurs citoyens. Le problème de transit part de l’amont aux points d’accès et à l’avenir le trafic venant de l’extérieur du centre-ville ira en augmentant. On a complètement occulté ce facteur pour se concentrer sur le renforcement du centre-ville. Par exemple, dans le nouveau réseau rapide on a identifié les zones industrielles et fortement commerciales y compris le parc industriel de St-Augustin mais on a oublié celui de Beauport. C’est vrai que le comité l’a pas mis les pieds dans les trois arrondissements oubliés dans ce plan.

Le tramway arrête aux limites des arrondissements de Beauport (D’Estimauville)et de Charlesbourg (41ème) et ne prévoit aucun lien entre la colline parlementaire et l’Université Laval. D’ailleurs il s’agit de voir les endroits choisis par le comité pour rencontrer les gens pour s’apercevoir qu’outre Ste-Foy , on a planifié des rencontres dans le vieux Québec seulement. Pas surprenant que le modèle choisi conforte les adeptes du vélos, de la marche et du transport en commun et qu’on oublie la maudite banlieue encore une fois.

J’ai argumenté que la densification faisait perdre des espaces de stationnements partout sur le trajet du tramway et que l’on passe carrément à travers le stationnement du super PEPS le privant de capacité d’accueil pour les événements sportifs d’envergure. Pas grave ils vont tous prendre le tramway pour aller voir le Rouge et Or.

Par exemple, à D’Estimauville on construit présentement un édifice fédéral qui accueillera 700 employés sans stationnement souterrain à coté du stationnement incitatif du RTC. L’éco-quartier bâti au terminus du tramway enlève tout cet espace de stationnement y compris celui du supermarché Maxi et de la moitié du stationnement du centre d’achats Canardière et c’est tout le long du trajet du tramway qu’on agit ainsi pour nous proposer une densification comme dans St-Jean Baptiste où sur la colline parlementaire, des blocs privilégiant la marche et le vélo. Québec sera donc une ville fermée à l’automobile, si on en croit ce plan. On comprends vite que partout où le tramway passera, deux voies de circulation seront amputées par l’installation de rails exclusives et même pas accessibles aux autobus et encore moins aux vélos. Ainsi sur Laurier les trois voies de chaque sens passeront à une seule voie dans chaque sens congestionnant encore plus le trafic de transit. Même chose sur René-Lévesque on il ne reste qu’une seule voie dans un seul sens laissant deux voies au corridor des autobus et une autre aux vélos. On pousse juste l’audace à mobiliser le pont de Québec pour le tramway et les vélos sur les deux seules voies accessibles.

Si on avait voulu faire un plan de mobilité durable on aurait interconnecté le train du massif St-François qui entrera en service en 2011 pour permettre aux travailleurs de la cote et de l’île d’Orléans et même de Beauport de le prendre et pensé à amener les gens de la MRC de Portneuf et de la Rive-Sud par des trains de banlieue utilisant au passage la gare de Ste-Foy et se rendant à la gare intermodale du Palais. Mais on ne vise que la clientèle du RTC pas à une intégration efficace des moyens de transport. On veut juguler l’auto en lui enlevant des accès et des espaces de stationnement. Sur le parcours du tramway on a choisi pour monter Honoré-Mercier de préserver le projet « éléphant blanc » de Robert Lepage et d’opter plutôt de creuser un tunnel dans le stationnement souterrain du carré d’Youville diminuent par conséquent sa capacité d’accueil. On comprends vite la philosophie de ce groupe de travail et l’accueil favorable des groupes de pressions comme le Vélo-vert (subventionner pour lutter pour les droits des cyclistes) et de Accès Transport Viables , organisme subventionné par le RTC défendant ses usagers et promouvant le tramway. Leur présences remarquées au micro et leurs mémoires étoffés auront sûrement un regard attentif et bienveillant du comité qui n’hésitera pas renforcir son rapport final fort de cet appui. Pas surprenant que l’on répète les erreurs du corridor des chemineaux. On a créé une piste cyclable qui aurait pu servir à amener des travailleurs par un train de banlieue et ainsi amorcer un paln de mobilité plus efficace que celui proposé.

Si au moins on avait pensé à épargner les voies de circulations d’accès au centre-ville en examinant la possibilité d’un monorail suspendu car on prévoit que 73,000 voitures s’ajouteront au volume existant qui a augmenté de 30% en 10 ans et créant les embouteillages matin et soir. Car on prévoit dans les prochains 20 ans l’arrivée de 100,000 personnes et ils ne s’installeront pas tous au centre-ville dans ces espaces restreints. Je parie que dans un tel contexte la banlieue de deuxième ceinture sera plus attrayante comme dans les années 70. On remarque déjà l’effervescence du développement au lac Beauport, à Stoneham, Neuville, Ste-Brigitte-de-Laval. L’Ange-Gardien, Boichatel et sur la Rive-Sud. Ces gens augmenteront la pression sur les voies d’accès que l’on veut amputer avec un tramway. De quoi empirer la situation actuelle.

En fait c’est une version renouvelé du plan stratégique de développement du RTC en vigueur de 2005 à 2014 assorti d’un tramway d’un milliard et demi et de deux éco-quartiers de plusieurs milliards sans espaces de stationnements ou si peu. On ne s’est jamais interrogé si on pouvait utiliser les rails sous utilisés (13% selon une étude) même si l’ultra train qui utilise deux fois par jour le Pont de Québec disparaîtra avec l’arrivée de l’oléoduc. Car seul le RTC est utilisé dans l’étude de ce comité, l’exercice étant d’étendre le modèle de développement du centre-ville encore plus densifié et ayant de moins en moins de capacité de stationnement donc d’accueil. C’est cet état de fait qui a permis l’attrait des villes de banlieue pour les familles. Le modèle proposé par ce comité est de conception européenne et ne respecte pas du tout le style de vie nord-américain. Oui c’est un changement complet de style de vie qu’on nous propose. Ceux qui ne l’accepteront pas aurons à le fuir pour s’installer dans la deuxième ceinture Heureusement les arrondissements périphériques de Charlesbourg, Beauport et Haute-St-Charles seront peu touchés et deviendrons attrayants de plus en plus mais seront isolé de ce monde densifié à l’européenne.

Devons-nous parler de deux mondes dans une même ville ? Devrons nous militer à défusionner la moitié de la nouvelle ville ?

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